La conférence de restitution du projet Cycle de l’Eau et Changement Climatique (CECC) s’est tenue du 24 au 28 novembre 2025 à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, au Sénégal.
Après plus de quatre années de mise en œuvre, cette rencontre avait pour ambition de présenter les outils développés par le projet à un large éventail d’utilisateurs : chercheurs, bureaux d’études, gestionnaires, ONG, décideurs publics et acteurs opérationnels du secteur de l’eau. Elle a rassemblé plus de 120 participants venus du Sénégal, de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et de France.
Si le monde académique était fortement représenté, la présence d’organismes publics, d’ONG et de structures impliquées dans la gestion des ressources en eau a enrichi les échanges. Doctorants, post-doctorants et chercheurs du projet ont animé conférences et ateliers, partageant leurs résultats, transmettant leurs méthodes et formant les participants aux outils conçus durant ces quatre années de travail.
Cette semaine a permis de valoriser les acquis scientifiques du projet, de renforcer les capacités des acteurs du secteur et d’ouvrir de nouvelles perspectives de collaboration. Elle constitue une étape clé pour la diffusion et l’appropriation des outils développés, au service d’une gestion durable des ressources en eau dans la région.

Lundi 24 novembre – Ouverture et portail de données
La conférence a été officiellement ouverte par le Dr Cheikh Tidiane Dièye, Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement du Sénégal. Son intervention a marqué un temps fort de la semaine, soulignant l’importance stratégique des travaux menés dans un contexte de variabilité et de changement climatique.
La matinée s’est poursuivie par une table ronde introductive autour des grandes thématiques du projet, puis par la présentation du livrable principal : le portail informatique hébergeant données, démonstrateurs et outils développés par les équipes CECC.

En fin de journée, une session dédiée à la « jeune recherche » a mis à l’honneur doctorants et jeunes post-doctorants, dont plusieurs ont été financés et formés dans le cadre du projet. Cet atelier participatif a permis d’échanger sur les défis rencontrés par les jeunes chercheurs, de partager des retours d’expérience et de réfléchir collectivement aux enjeux scientifiques et opérationnels du domaine de l’eau.
Mardi 25 novembre – Aléas hydro-climatiques et outils d’ingénierie
La deuxième journée a été consacrée aux aléas hydro-climatiques, avec un focus particulier sur la gestion du risque d’inondation à Dakar. Les présentations ont porté sur :
le système de surveillance des inondations dans l’agglomération de Dakar ;- l’influence des politiques publiques urbaines sur la vulnérabilité de la région aux inondations;
- la production de courbes Intensité–Durée–Fréquence (IDF) régionales non stationnaires.Ces courbes IDF constituent un outil essentiel pour l’ingénierie hydrologique : elles permettent d’estimer l’intensité des précipitations en fonction de leur durée et de leur fréquence, contribuant ainsi au dimensionnement des ouvrages hydrauliques et à la définition des pluies de projet.
L’après-midi a été consacrée à des ateliers pratiques, permettant aux participants de manipuler les outils présentés et d’en comprendre les fonctionnalités et les applications concrètes.

La journée s’est conclue par un repas de gala convivial dans les jardins du Musée Théodore Monod d’Art Africain, favorisant les échanges informels et le renforcement des liens entre partenaires.
Mercredi 26 novembre – Terres, usages et visite de terrain
La matinée du mercredi a mis en lumière les travaux relatifs :
- à la cartographie et au suivi de l’évapotranspiration au Sahel ;
- à la gestion durable des terres ;
- à l’impact de divers types d’ouvrages et de leurs impacts (demi-lunes, banquettes, sous-solage) ;
- à l’élaboration de scénarios d’usage et de couverture des sols (Land Use / Land Cover).
L’après-midi, les participants se sont rendus dans le quartier de Dalifort, à Pikine, pour une visite de terrain animée par l’équipe « Inondations urbaines ». Cette immersion a permis d’observer les ouvrages de rétention, de comprendre leur historique et leur fonctionnement, et d’analyser les dynamiques de croissance urbaine ainsi que les solutions alternatives mises en œuvre face au risque d’inondation.

Jeudi 27 novembre – Modélisation, scénarios climatiques et diffusion scientifique
La matinée a été consacrée à des thématiques structurantes pour l’avenir des ressources en eau :
la durabilité des pompages en contexte de socle ;- la modélisation de l’évolution des ressources hydrologiques et végétales au Sahel agropastoral (« eau verte ») sous contraintes climatiques et anthropiques ;
- le débiaisage des scénarios climatiques CMIP6 ;
- la modélisation des crues en Afrique de l’Ouest dans un contexte de changement climatique.
L’après-midi a abordé la gestion multi-objectifs des ouvrages hydrauliques, avant la projection du film « La Calebasse et le pluviomètre », consacré au programme scientifique AMMA, conduit au Sahel dans les années 2000 pour améliorer les prévisions météorologiques et climatiques à différentes échelles de temps et d’espace en Afrique de l’Ouest.
Vendredi 28 novembre – Science, société et perspectives
La dernière journée s’est ouverte sur une présentation consacrée à l’apport des mesures spatiales et de la télémétrie pour le suivi des crues.
Deux tables rondes ont ensuite structuré la clôture de la conférence. La première a porté sur le dialogue science–société et le transfert des savoirs au-delà de la sphère académique — un enjeu central et parfois complexe dans le cadre du projet CECC. La seconde a permis de réfléchir collectivement aux perspectives et aux pistes de collaboration à poursuivre après la fin du projet.
Au-delà des résultats scientifiques présentés, cette conférence de restitution aura confirmé l’importance de construire des passerelles durables entre recherche, décision publique et action opérationnelle. Un objectif qui demeure au cœur des ambitions du projet CECC.
